Le pouvoir, l’autorité et les risques psycho-sociaux (!)

15 avril 2011 • Christian Becquereau

Le pouvoir, l’autorité et les risques psycho-sociaux (!)

La Méditerranée est en irruption. D’où cela est-il parti ? Quel est le déclencheur ? Est-ce que cela nous apprend quelque chose sur nos entreprises ?

Contrairement aux révolutions historiques, aucune des révolutions méditerranéennes  n’a comme point de départ, la capitale du pays. Le lieu de départ de la révolution tunisienne se déroule à des centaines de km de Tunis. Le déclencheur de l’embrasement en chaîne de cette région, c’est un jeune chômeur qui voulait simplement survivre en s’instituant vendeur de quatre saisons. Interdit de survie par un policier-chefaillon, de désespoir, le jeune chômeur s’immole par le feu en place publique.

Depuis cet acte, les régimes totalitaires s’effondrent bien qu’ils détiennent l’autorité et le pouvoir. Ils n’ont pas d’autre choix que de tout abandonner et de s’enfuir comme des voleurs ou d’être jugés et condamnés pour leurs crimes (!)

Nous assistons là à un changement de paradigme de toute une communauté. Ilia Prigogine, prix Nobel de chimie et philosophe, bien avant le mur de Berlin avait fait la démonstration qu’un changement de paradigme n’est pas progressif mais brutal et que les indices avant coureurs sont subtils à capter. Ces chefs d’états totalitaires étaient face à des risques psycho sociaux, comme diraient nos DRH, qu’ils n’ont pas sur décoder et tout leur a explosé en pleine figure !!!

En quoi sommes-nous concernés par ce qui se passe en Méditerranée, dans notre rôle de manager et de dirigeant ? Les ingrédients de ces risques psycho-sociaux, ce sont : le pouvoir, l’autorité, le totalitarisme. Nous exerçons l’autorité et le pouvoir, nous verrons si nous sommes concernés par le totalitarisme ( !)

Rien qu’avec les deux premiers critères (autorité, pouvoir) ce qui arrive aux pays méditerranéens peut nous arriver demain matin. Est-ce être un oiseau de mauvaise augure de projeter cette possibilité ? Non, d’ailleurs les DRH des entreprises sont en alerte des risques psycho-sociaux.

Alors, cet embrasement nous enseigne quoi sur l’autorité, sur le pouvoir, sur le management ? Je propose plusieurs pistes d’actions :

1.      Posons-nous la question : c’est quoi l’autorité juste ? Y répondre, acquérir le savoir-faire et le diffuser dans l’entreprise, c’est se prémunir des chefaillons qui peuvent ajouter du désespoir au désespoir…

Nous transférons dans notre cursus de formation «Manager Par les Entretiens» l’autorité juste ( !) C’est celle qui ne suscite chez aucun des deux acteurs (manager, collaborateur) le fait d’en faire une affaire personnelle… toute une découverte !

2.      Dans notre culture judéo-chrétienne, le pouvoir est presque tabou… Pouah ! En refusant de s’avouer être un Homme de pouvoir, le manager, le dirigeant, l’exercent tout en se persuadant qu’il ne l’exerce pas. Du coup le résultat devient aléatoire et ne peut provoquer que des risques supplémentaires. Posons-nous la même question : qu’est-ce que le pouvoir juste ?

Dans notre cursus de formation consacré au management d’équipe, «Manager par Les Réunions», nous répondons à cette question de la manière suivante : le pouvoir juste consiste à donner du pouvoir à ses collaborateurs.
En donnant du pouvoir aux autres, cela revient à faire de nos entreprises des entreprises 2.0. (en parallèle à web 2.0) C’est-à-dire que c’est à l’opposé du dirigisme et donc de ce qui correspond en politique aux régimes totalitaires.

Ca veut dire quoi une entreprise 2.0 ? Dans son livre «la fin du management», Gary Hamel, illustre les champs pour devenir des entreprises 2.0.

Etre 2.0 :

-  c’est cesser de ne concerner qu’une dizaine de personnes au plus pour décider d’une croissance externe (toujours rachetée trop chère !!!)

-  c’est cesser de n’accorder du pouvoir qu’aux seuls membres du codir dont quelques membres ont des acquis quelquefois dépassés…

-  c’est pour le PDG ou DG de descendre dans l’arène des opérations, au contact du client

-  etc.

Nous transférons des éléments opérationnels du «pouvoir juste» dans notre cursus de formation «Manager par Les Réunions». Les deux seuls pouvoirs que garde le leader, c’est celui de décider et celui d’arbitrer. Les réunions deviennent alors un lieu d’apprentissage permanent du management 2.0, rempart contre les risques psycho-sociaux.

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2 commentaires sur “Le pouvoir, l’autorité et les risques psycho-sociaux (!)”

  1. Yvon STOUVENEL dit :

    J’avais un patron qui me disait tous les jours que le pouvoir ça se prend! Je crois que je viens de comprendre (après 10 ans de prise de pouvoir a la force des bras) et en lisant cette article que MLR va me permettre de donner l’opportunité à mes collaborateurs de leur «donner » ce pouvoir. De les voir d’épanouir et de ce fait, me permettre de me concentrer sur l’essentiel : Stratégie, business et croissance. J’en ai fait ma priorité pour l’année à venir : Cette année sera celle du changement !

  2. Christian Becquereau dit :

    Yvon,
    Merci pour ton retour d’une profonde compréhension.
    Nous trimballons tous ces « canada dry » d’une soi-disant sagesse comme « le pouvoir cela se prend ».
    Depuis 10 ans j’avance sur le pouvoir en management. Ce billet partage un bout de mes recherches.
    Effectivement, avec la formation MLR (Managez par Les Réunions) tu sais mettre en oeuvre ton projet de donner le pouvoir à tes collaborateurs.
    Quant à te concentrer sur l’essentiel, je propose des éléments de réponse dans le billet « faire son Churchill ».
    Partage ton expérimentation dans ces commentaires.
    Encore merci.
    Christian

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