Par procuration

2 mai 2011 • Christian Becquereau

Même si mon intérêt pour la monarchie s’est arrêté avec Louis XVI, le mariage de Kate et de William m’amène à poser une question :

Et si la France se faisait du bien en rétablissant la monarchie (?)

En quoi cette question peut-elle nous apprendre quelque chose dans notre rôle de manager et de dirigeant ?

Deux chiffres :

* – La monarchie britannique est appréciée par plus de 80 % de ses habitants.
* – Dans les pays les mieux démocratisés, les votants sont divisés en deux clans dans des proportions proches de 50 %.

Philippe d’Iribarne dans sa « logique de l’honneur », nous explique que pour comprendre le management à la française, il suffit de considérer la France comme étant encore sous une monarchie.

La France développe toujours un corporatisme exacerbé, les charges sont toujours en vigueur, etc. D’ailleurs, à chaque fois que son Président de la République est élu, il est qualifié de Monarque, injure suprême dans une France qui s’épuise dans son rôle de révolutionnaire. Décidément, la France n’a pas fait le deuil d’avoir guillotiné sa monarchie.

A travers l’engouement pour ce mariage princier, la Grande Bretagne nous offre des indications intéressantes :

* – En pleine crise économique, les sujets de sa Majesté retrouvent leur fierté mondiale.
* – Alors que la vie est difficile pour tout un chacun, son peuple vit une part de rêve. Comme dit E. Berne : « Quel événement en France pourrait monopoliser un tel niveau d’émotions, de joie ? »
* – Tout un peuple se renforce en renouant des liens avec ses racines, son Histoire.
* – Le mariage d’une roturière à un prince de sang est le signe que tout est possible !!! C’est le symbole de l’espoir.
* – S’autoriser au beau et au luxe sans qu’ils soient sanctionnés par la raison ou l’étalon du retour sur investissement.
* – C’est humaniser un Etat par la vie d’une famille (royale) de chair et de sang.

C’est comme si tous les points ci-dessus, ouvraient la possibilité au peuple britannique de vivre par procuration ce que vit la famille royale.

J’ai un jour déjeuné avec J.-C. Asfour, auteur de « crime par procuration ». Spécialiste des films de crimes, il développe dans son livre le fait que ce genre de films permet à de nombreux spectateurs, ayant eu des intentions criminelles, de passer à l’acte par procuration, grâce aux films.

Certaines personnes sont fascinées par une actrice, par tel chanteur ou tel homme politique. En s’intéressant à la vie de leur idole, ils s’offrent, par procuration, une vie extraordinaire, absente de leur quotidien. Vivre par procuration est honorable dans la mesure où cela apporte du bien-être à la personne et donc à l’humanité.

Nous pouvons nous demander si les religions ont, pour une part, le rôle d’offrir à leurs fidèles la possibilité de vivre par procuration (?). Nous pouvons imaginer que le développement de la «press people» répond à ce besoin de vivre par procuration. Si besoin il y a, nous, managers et dirigeants, comment nous répondons à ce besoin de certains de nos collaborateurs ?

Dans notre rôle de manager ou de Dirigeant, nous incarnons l’autorité, le pouvoir. Selon notre rapport à l’autorité et au pouvoir, nos collaborateurs peuvent faire de nous leur héros et avoir l’occasion de vivre par procuration ce que nous vivons.

Qu’est-ce que cela change pour nous ? Chacun aura sa réponse.

Que pouvons-nous faire pour cela ? D’abord être nous-mêmes et ensuite apprendre à exercer la juste autorité, apprendre à exercer le juste pouvoir… tout un programme de vie !

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